psychologue quimper :

L'approche thérapeutique du psychologue clinicien

La vérité de l'être est irréductible à son âge ou à ses symptômes

Face à la spécialisation grandissante, le risque de réduire l'Homme à l'unique point de vue d'une spécialité (en fonction de son âge ou de ses symptômes), ou de le morceler par le truchement du cloisonnement de plusieurs spécialités est évident !

Cela peut conduire bien souvent, et malgré les meilleures intentions, à déposséder la personne de son histoire, de son corps, de son environnement, de sa parole.

L'approche thérapeutique du psychologue clinicien favorise au contraire la personne à considérer l'ensemble de ce qui tendait à se disperser, et à se réapproprier sa diversité biologique, sociale, historique, psychique, et à entrevoir ses possibilités d'assumer différemment sa place et sa subjectivité sans en passer par le porte-voix douloureux des symptômes.

L'approche généraliste du psychologue clinicien évite tout rabattement identitaire, réducteur et morcelant, de la personne à ses symptômes ou à son âge.

Le psychologue clinicien garantit une juste complémentarité des spécialités grâce à son approche globale de la personne, et par son statut autonome de professionnel en sciences humaines (à fortiori quand il exerce en libéral).

Les âges de la vie

Les approches spécifiques liées à l'âge ouvrent sur les potentialités de chaque classe d'âge, mais se faisant, elles précipitent aussi rapidement vers une standardisation normative et l'idée de déficience et de handicap quand la conformité à la norme fait défaut.

Au contraire, la perspective du psychologue clinicien est de redonner de la contingence à la personne, de lui éviter de s'enfermer dans l'unique norme de sa classe d'âge, de lui rendre la mobilité des possibles.


La psychologie génétique, la psychologie du développement, la psychologie du projet... sont des champs qui s'occupent de qualifier les âges de la vie, et les spécificités psychologiques liées à chaque âge.

C'est ainsi que sont distinguées la psychologie du nourrisson, de l'enfant, de l'adolescent, de l'adulte, du sénescent, la psychologie du vieillissement, la gérontopsychologie, la parentologie, etc. .

Ces perspectives tirent leurs pertinences de mettre au jour des caractéristiques extrêmement importantes dans l'organisation et l'existence des personnes, et dans la gestion toujours plus complexe des populations, de leurs besoins, etc. . Utilement ces études spécialisées complètent l'investigation du "généraliste" qu'est le psychologue clinicien.

Le psychologue clinicien se nourrit de ces apports théoriques et de ces observations.

Pourtant, le psychologue clinicien ne peut pas et n'a pas à tendre à l'exhaustivité des savoirs de toutes ces disciplines : Sa thérapeutique, le psychologue clinicien la produit de son approche clinique qui succite surtout les savoirs de la personne venue le consulter, afin entre autres qu'elle en prenne la mesure et puisse en disposer plutôt que ses savoirs ne disposent d'elle au point de lui rendre la vie difficile ou de la maintenir à n'être qu'un objet.

Dans cette perspective, les connaissances spécifiques de chaque âge sont une valeur ajoutée sans pour autant être nécessaires : L'essentiel de l'approche thérapeutique du psychologue clinicien procède même davantage d'une certaine ignorance inaugurale pour favoriser la personne à parler d'elle, à la faire se découvrir et se reconnaître dans son originalité.

Les symptômes

La diversité des symptômes

En matière de diversité, les symptômes offrent un panel quasi infini et toujours réinventé. Que ce soit purement somatique (biologique), psychosomatique (interaction du psychique et du somatique), ou franchement hypocondriaque (purement psychique), l'humanité crée de part ses environnements, ses organisations, son Histoire et ses histoires, ses savoirs et idéologies, ses politiques voire ses lobbyings sans cesse les symptômes d'hier, d'aujourd'hui et de demain.

Les nosographies, c'est-à-dire les classifications des maladies, en sont un décalque inépuisable.

Actuellement, la tendance est forte d'adopter pour chaque symptôme ou syndrome (ensemble de symptômes d'une maladie), une pratique thérapeutique spécifique.

Ce taylorisme a donné des preuves de son efficacité dans l'industrie et de son efficience aujourd'hui dans le monde médical.

Ainsi les spécialités ont émergé en fonction :

  • des organes et des affections liées (coeur, poumon, foie, rein, peau, etc. ),
  • des causalités repérées, infectiologie, virologie, génétique...
  • des traitements et de la technicité, oncologie (cancérologie), pharmacologie, psychiatrie contemporaine...
  • des comportements, nutritionniste, rééducation, tabacologie...
  • des populations, médecine sportive...
  • de macro-processus, épidémiologie, médecine du travail...

La psychologie n'échappe évidemment pas à ce modèle d'organisation et de spécialisation du soin : alcoologie, addictologie, spécialistes de l'anorexie, de la boulimie, de la gestion du stress et de l'angoisse, des T.O.C., des phobies, victimologie, psychométrie, etc. .

Spécialisation : Entre progrès, risques réductionnistes, risques concentrationnaires

Cette spécialisation a permis l'élaboration d'outils spécifiques (bénéficiant aussi aux approches généralistes) ou de services qui permettent le traitement des symptômes et l'étayage des personnes en souffrance : psychanalyse, psychodrame, psychothérapies, thérapie familiale, médiation, P.N.L., thérapies cognitivo comportementales, analyse transactionnelle, groupe de parole, psychothérapie institutionnelle, etc. , mais a obligé son lot de regroupements, d'hyper-spécialisation, d'hyper-focalisation, et de concentrationnisme (service de gériatrie, d'anorexie, d'alcoologie, soins palliatifs... ).

Le psychologue clinicien inaugure la nécessité d'entendre et de reconnaître les complexités des surdéterminations qui entourent les symptômes :

Pourtant, la personne serait-elle équivalente à ses symptômes ?

La personne peut souhaiter se "cacher" derrière : « Je suis dépressive », « Je suis alcoolique »... L'hyper-spécialisation peut engager vers cette assimilation, avec cette gageure paradoxale de réclamer au patient de ne plus user de ses symptômes alors que celui-ci existe aux yeux du spécialiste justement par ses symptômes !

De plus, un même symptôme ne renvoie pas nécessairement à la même dynamique psychologique. Ni dans son étiologie et sa psychogenèse, ni dans ses "utilités" (individuelles et collectives) à permettre malgré tout (dans la souffrance et la douleur) un certain "fonctionnement", ni dans ce qui peut s'engendrer de bénéfices secondaires (d'éventuelles complaisances inconscientes à être souffrant).

L'approche thérapeutique occidentale la plus courante aujourd'hui tente d'éradiquer les symptômes en en traitant les conséquences et en éliminant les causes. C'est le fameux postulat scientifique "il n'y a pas d'effet sans cause" : La suppression de la cause supprime les effets.

Dans les années 1950, grâce à l'apport des théories systémiques, cette logique causaliste est complétée, les causes peuvent être multiples et interagir entre elles. L'appréhension des symptômes prend dès lors une complexité scientifique renouvellée qui était déjà apparue à la psychanalyse vers 1900 par la découverte du concept de surdétermination.

La norme rassure, le concentrationnisme pèse :

Il n'est pas rare qu'un individu confronté à une particularité (précocité, difformité... ) souhaite retrouver des personnes ayant une particularité similaire. Dans un contexte d'exclusion cela peut rassurer et permettre des liens sociaux minimaux. Ce peut être un tremplin.

En revanche, le regroupement subi des personnes autour de mêmes difficultés peut rendre les liens sociaux extrêmement difficiles si aucune possibilité n'est proposée aux personnes pour se faire reconnaître aussi dans leur originalité.

Du coup, le psychologue clinicien engage la personne :

  • à ne pas se réduire à ses symptômes,
  • à découvrir qu'ils ont peut-être leur utilité dans son contexte actuel d'existence et de compréhension,
  • à expliciter la multiplicité de ce qui cause ses symptômes en l'invitant à raconter son histoire,
  • à reconnaître son originalité
  • pour permettre en conscience à la personne de se défaire de ses symptômes ou de les intégrer.

Ce qui importe c'est la parole vivante qui émerge du symptôme, et non le fourvoiement possible à s'enliser dans le symptôme ou à le faire réapparaître ailleurs ou sous une autre forme tout autant incommodante.